Un marché d’électricité ou de gaz arrive à échéance dans dix-huit mois ? Vous pouvez avoir l’impression d’être largement dans les temps. En réalité, l’essentiel de la performance de votre futur marché n’est pas encore joué, mais c’est maintenant qu’il commence à se jouer.
Pour une collectivité, un établissement public ou un bailleur, renouveler un marché énergie ne consiste pas simplement à publier une consultation quelques semaines avant la fin du contrat. Il faut d’abord fiabiliser les données, analyser les contrats existants, identifier les éventuelles optimisations techniques, définir une stratégie d’achat puis traduire ces choix dans le futur marché.
Commencer dix-huit mois ou plus avant l’échéance permet surtout de conserver de la marge de manœuvre. Plus le calendrier se resserre, plus certaines décisions risquent d’être prises sous contrainte.
Le contexte renforce cet enjeu : depuis la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025, la construction du prix de l’électricité a changé, et de nombreux acheteurs publics abordent leur prochain renouvellement sans en avoir encore mesuré les effets sur leur budget.
Pourquoi préparer son marché énergie aussi tôt ?
Le prix de l’électricité ou du gaz est évidemment important, mais il ne représente qu’une partie de la performance d’un marché.
La qualité des données, le périmètre des sites, les puissances souscrites, les caractéristiques techniques des contrats ou encore le niveau de risque accepté influencent également le résultat final.
Une préparation anticipée donne le temps de travailler sur ces paramètres avant que la consultation ne commence.
Elle offre également davantage de liberté pour suivre les conditions de marché et choisir le moment pertinent pour engager certaines décisions d’achat.
J-18 mois : faire l’état des lieux
Un an et demi avant l’échéance, la première étape consiste à comprendre précisément ce que la collectivité achète aujourd’hui.
Il faut notamment cartographier le périmètre du marché, analyser les consommations et examiner les contrats en cours.
Cette phase sert à vérifier si les données correspondent toujours à la réalité du patrimoine. Certains bâtiments peuvent avoir été rénovés, vendus, construits ou avoir changé d’usage depuis la précédente consultation. Des projets d’autoconsommation sont à intégrer au futur achat…
C’est également le bon moment pour repérer les premières anomalies : consommations inhabituelles, puissances mal dimensionnées, contrats peu adaptés ou incohérences de facturation.
Cette analyse constitue la base de toutes les décisions suivantes.
J-16 mois : fiabiliser les données avant la consultation
Une consultation pertinente repose sur des données fiables.
Avant de solliciter les fournisseurs, il est donc essentiel de vérifier les informations techniques liées aux différents sites :
- points de livraison ou PDL pour l’électricité ;
- points de comptage et d’estimation ou PCE pour le gaz ;
- historiques de consommation ;
- puissances souscrites ;
- évolutions prévues du patrimoine.
Une donnée imprécise peut fausser les projections, compliquer la comparaison des offres ou conduire les fournisseurs à intégrer davantage de risque dans leur tarification.
Cette phase est également l’occasion d’identifier les optimisations techniques à réaliser avant le futur marché.
J-15 mois : définir sa stratégie d’achat et préparer la décision
Une fois les besoins fiabilisés, vient le moment de déterminer comment acheter.
Cette réflexion doit précéder la consultation.
Le DCE ne devrait pas déterminer la stratégie d’achat. Il doit en être la traduction.
Commencer suffisamment tôt permet également de suivre l’évolution des marchés et d’éviter de devoir choisir une stratégie simplement parce que l’échéance contractuelle approche.
C’est aussi le moment de préparer la gouvernance de la décision. Qui est habilité à valider une prise de position ? Faut-il une délibération ou une délégation de signature ? Quelle enveloppe budgétaire, quels seuils de déclenchement ?
Ces questions semblent administratives. Elles sont en réalité décisives : une offre à prix fixe peut n’être valable que quelques heures. Si personne n’est habilité à signer ce jour-là, la meilleure stratégie reste théorique.
J-14 mois : préparer et sécuriser le DCE
Lorsque le besoin et la stratégie sont clairement définis, ils peuvent être traduits dans le futur marché.
La préparation du dossier de consultation doit alors intégrer les critères d’analyse, les clauses contractuelles, les modalités de prix ainsi que le calendrier d’exécution.
Cette étape est déterminante. Un prix attractif ne garantit pas à lui seul la performance d’un contrat.
Les volumes de consommation, les modalités de révision, la flexibilité ou encore les conditions d’accompagnement du fournisseur peuvent produire des effets importants pendant toute la durée du marché.
Un DCE bien construit garantit que les offres reçues sont réellement comparables et sécurise l’exécution future.
J-13 mois : lancer la consultation
Les besoins ont été analysés, les données fiabilisées, la stratégie définie et le DCE finalisé. La consultation peut être lancée dans un calendrier qui laisse le temps de la publication, des questions des candidats et, si nécessaire, d’une relance en cas de procédure infructueuse ou de conditions marché défavorables.
J-12 à J-6 mois : analyser, attribuer, prendre position
L’acheteur peut alors se concentrer sur l’analyse des offres, l’attribution du marché et, selon la stratégie retenue, le moment de la prise de position. Il conserve aussi le délai nécessaire au rattachement des sites chez le fournisseur retenu avant le début de la fourniture.
C’est précisément ce que permet l’anticipation : transformer une échéance contractuelle en décision maîtrisée.
À l’inverse, lorsqu’un renouvellement est engagé trop tard, le calendrier peut imposer des choix qui auraient pu être évités quelques mois auparavant :
- aucune marge pour relancer une procédure infructueuse ;
- aucune marge pour repousser une remise des offres selon le contexte prix ;
- une stratégie retenue par défaut, avec un prix fixé au moment imposé par le calendrier plutôt que par le marché ;
- des optimisations de puissance non intégrées, qui empêche la réalisation d’économies dès le début du futur marché.
Le calendrier fait partie de la stratégie d’achat
Préparer un marché dix-huit mois à l’avance ne signifie pas acheter douze mois à l’avance.
La distinction est essentielle.
Anticiper permet au contraire de séparer deux décisions qui sont souvent confondues : préparer le marché et prendre position sur le marché de l’énergie.
L’acheteur public peut avoir préparé son futur contrat plusieurs mois avant l’échéance tout en conservant la possibilité de choisir le moment pertinent pour engager son achat.
C’est notamment ce que permet un accord-cadre à marchés subséquents, ou un contrat prévoyant des achats fractionnés : le cadre juridique est posé en amont, les prises de position interviennent ensuite, au moment jugé opportun.
Cette marge de manœuvre est particulièrement importante dans un environnement marqué par la volatilité des prix.
Après l’attribution : piloter, pas seulement exécuter
La signature du marché ne clôt pas le processus. La performance d’un contrat se mesure pendant toute sa durée d’exécution.
Le pilotage passe notamment par :
- le suivi de la bascule et du rattachement de chaque site ;
- le contrôle de la facturation, fiscalité et composantes réglementées comprises ;
- le suivi des prises de position lorsque l’achat est progressif ;
- l’ajustement des puissances et la mise à jour du périmètre au fil des évolutions du patrimoine ;
- un bilan régulier qui prépare, dès maintenant, le marché suivant.
C’est ce suivi qui ferme la boucle : les données collectées pendant l’exécution sont celles qui permettront de lancer le prochain renouvellement dix-huit mois à l’avance, et non dans l’urgence.
L’approche Unixial
Chez Unixial, le renouvellement d’un marché d’électricité ou de gaz est envisagé comme un processus continu plutôt que comme une simple consultation.
L’accompagnement commence par l’analyse des contrats, du patrimoine et des consommations. Il se poursuit par l’identification des optimisations techniques, la définition de la stratégie d’achat, la rédaction du DCE, l’analyse des offres et le pilotage du contrat pendant toute son exécution, contrôle de la facturation et de la fiscalité compris.
L’objectif est de permettre aux acheteurs publics de disposer du temps et des informations nécessaires pour décider dans de bonnes conditions.
Conclusion
Dix-huit mois ou plus avant l’échéance d’un marché énergie, il n’est pas trop tôt pour commencer à travailler.
C’est au contraire une période particulièrement pertinente pour analyser la situation existante, fiabiliser les données, identifier les optimisations et construire une stratégie d’achat adaptée.
En matière d’énergie, le calendrier ne constitue pas seulement une contrainte administrative. Il fait pleinement partie de la stratégie.
Plus la préparation commence tôt, plus l’acheteur conserve de possibilités pour choisir plutôt que subir.